Les parcs Canadiens s’éloignent déjà à grande vitesse dans nos mémoires. Aussi la neige du Colorado et les cactus du Mexique, le vent sur nos visage, les longues descentes, les montées trop raides, les grands paysages et les nuits sous la pluie : nous sommes rentrés en France.

La grosse teuf : on est arrivé à Banff !!

Le corps soulagé de ne plus avoir à faire son lot d’effort quotidien qui nous mettait dans une fatigue préoccupante. Pour autant, le corps décontenancé de ne plus avoir d’exercice à faire et sa découverte permanente.

Nous redécouvrons le plaisir d’avoir un toit sur nos têtes quand il pleut et regardons la pluie tomber à travers les carreaux avec détachement. Un peu comme ces chats qui, d’un regard qui ne se pose pas sur vous, vous expriment le peu d’intérêt qu’ils vous portent. Il pleut, la belle affaire. ca ne nous touche plus! Vengeons-nous sur la cuisine que l’on n’a pas pu faire pendant si longtemps dans une vraie poêle qui n’attache pas! Du vent? Peu nous chaut : faisons encore une partie de jeu de société avec les copains que l’on n’avait pas vu depuis notre départ. Qu’il neige, et nous irons nous blottir sous la couette devant un film, mais bon, nous sommes fin juillet, dans les plaines du Nord, certes, mais en été et en France tout de même.

Retour (très) humide de Lake Louise dans le Parc National de Banff

Pendant 10 mois, nos préoccupations quotidiennes majeures étaient de savoir ce que nous allions manger, si l’on aurait assez d’eau et où nous allions dormir le soir venu. La vie sédentaire moderne ayant largement relégué ces soucis au placard, nous voilà donc avec une quantité de temps et une absence de préoccupations non négligeable!

Au fur et à mesure de nos retrouvailles, notre voyage est livré en pâture à nos amis et à nos proches. Nous refaisons le récit de cette traversée en bateau, de ces nuits sous la neige, de ces rencontres outre Atlantique… Que va-t-il en rester? Quelles sont les parties qui vont disparaître faute d’intérêt à être racontées? Quelles distorsions dans nos mémoires vont être faites à force de raconter ces moments marquants? Ce feu d’artifice a t-il vraiment existé à notre arrivée en bateau au port de la Guadeloupe? Cet ours était-il vraiment si mignon? Était-ce si facile de camper sous la neige?

On n’est quand même pas prêt d’oublier ce genre de vue le soir au campement…

Nous transformons doucement nos mémoires en souvenirs, au fil des récits, en espérant ne pas trop les corrompre et en s’appuyant l’un sur l’autre pour s’en souvenir et s’assurer qu’ils ont vraiment existé.

Et puis nous pouvons enfin dire la vraie raison qui nous a fait prendre le chemin du retour. Quel soulagement.

Voilà 4 mois que nous roulons avec un petit passager clandestin. Bien au chaud dans le ventre d’Amélie, Monty (c’est son pré-prénom en attendant sa naissance au monde) a traversé tous les États-Unis en prélevant sa part d’énergie dans les ressources de son hôtesse.

Peut-être avons-nous omis de raconter la frustration d’Amélie de ne pouvoir déguster les bières des micro-brasseries croisées sur notre route. Nous n’avons pas raconté certains des choix qu’il a fallu faire et, pire que le mensonge par omission, nous avons parfois du maquillé quelques histoires. Il fallait bien avoir quelques anecdotes à raconter en rentrant qui ne soient pas du ressassé de nos articles!

C’est en début du 5ème mois, un jour après notre arrivée en France, que nous faisons la première échographie. Tout va bien. Nous sommes un peu (beaucoup!) soulagés!

Le profil de Monty <3

Ainsi, cette dernière nouvelle éclipse bien souvent toute forme de récit du voyage. Le ventre d’Amélie a poussé d’un coup le jour de notre retour. Son corps a pris les rondeurs explicites d’une nouvelle aventure déjà en route. Les discussions se cristallisent autour de notre avenir et de cette vie à venir. Il semble que nous ne rentrons plus d’une formidable aventure, que finalement tous ces récits que nous pensions « extraordinaires », se requalifient en des récits « extra-ordinaires » : nous étions hors des schémas classiques mais ce qui nous attend est d’une richesse encore plus grande.

Nous pensions revenir de voyage. En fait, nous terminons juste le début de l’aventure.

Tout est à faire à présent!

Un nouvel horizon s’offre à nous !

7 thoughts on “La fin du début de l’aventure.”

  1. avec ce que vous avez vécu chers Kris et Amélie, il y’a de quoi raconter des choses à celle ou celui qui a fait le voyage avec vous, il en sera d’autant plus heureux ! bravo pour ces belles histoires si drôlement et gentiment racontées et félicitations pour ce périple extra-ordinaire 😉

  2. Un petit bidon qui s’arrondit ! Le vent dans le dos aurait il poussé à ce point 😊 belles aventures que celle passée et celle qui s’annonce en effet. Au plaisir de retrouver le petit « Motty » dans sa chariotte sur les routes du monde !

  3. et l’aventure … continue … à deux et demie ou à 3 peut-être en chariotte comme le dit la personne ci-dessus. bref vous avez fait des choix de VIE extraordinaires qui en font rêver ou jalouser plus d’un .
    merci pour ces récits toujours bien écrits avec des photos superbes. je vous embrasse

  4. Qu il est beau ce texte!!! Et qu il est beau ce/cette Monty !!!Hâte d’entendre sa version du voyage à vélo en sous-marin …

  5. Quelle super nouvelle ! Youpiiii !
    Vive la vie … et joyeux retour.
    Merci pour ces super récits, ces rêves, ces images incroyables.
    À bientôt j’espère

  6. Çà alors ! Quelle surprise… qui finalement n’est est pas une car c’est dans la Nature des choses. Je suis donc frustré de ne plus pouvoir vous suivre dans vos aventures, mais très heureux pour vous, car comme vous le dites, l’aventure ne fait que commencer, et quelle aventure !
    Bon vent à vous. A propos de vent, si je peux me permettre une suggestion, je l’appellerais « Windy », car le vent vous a bien poussé 😉

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