Il y a un temps, de retour au repos, où l’on se demande pourquoi on a fait ça. On se demande ce que celà a pu nous apporter, comme s’il fallait justifier cette expérience, à l’image d’un entretien de recrutement. Pourtant, je ne dois rien à personne et, bien qu’on ne puisse parler d’acquisition de compétences, je suis bien convaincu du fait qu’une telle expérience n’a pas d’équivalent en termes d’enrichissement.

J’ai parcouru l’Europe par ennui du quotidien, par abence de sens dans une vie toute tracée, par passion pour le dépassement de soi et par amour pour la nature. Inévitablement, je suis parti pleins de préjugés, mais sans aucune attente. Beaucoup de choses m’ont étonnées, d’autres se sont confirmées.

J’ai appris que la terre est belle, la nature fait magnifiquement bien les choses, qu’il est agréable de l’observer et que l’homme, souvent, sait la sublimer.

J’ai appris que la bonté est partout et qu’elle engendre une générosité qui n’a pas de frontière. J’ai aussi réalisé que les peuples se méconnaissent et se détestent, que ceux qui ignorent le plus sont ceux qui se font le plus entendre, à tort. Je n’ai jamais eu peur de l’homme et suis profondément optimiste : l’homme est naturellement rempli de bonté.

J’ai appris que le regard des autres, je n’en ai rien à foutre. Personne ne m’empêchera d’être qui je suis et de faire ce que je veux. La moquerie, le jugement, l’intolérance sont le résultat de jalousie, d’un mal être ou d’un manque de confiance.

J’ai appris qu’il ne servait à rien de courir après la gloire et l’argent. Que ce sont des satisfactions éphémères qui ne comblent pas car on en demande toujours plus et qu’elles mènent à l’abondance, non pas au bonheur. Souvent, l’argent corrompt les hommes, leur donne l’illusion d’avoir acquis des droits et du pouvoir. Il ne leur octroie en réalité qu’un pouvoir d’achat, malheureux assujettis !

J’ai appris que l’intelligence est un concept au combien complexe. Que l’éducation occidentale ne nous en donne qu’un infime aperçu, totalement réducteur et peut être même injuste. Aussi, j’ai appris à donner ma propre définition à l’intelligence. C’était un mélange de facilité de compréhension, rapide et universelle, mais surtout d’intelligence sociale et un système de valeur vertueux. Rares sont les gens qui sont capables de tisser des liens avec tout le monde. Et c’est là une richesse considérable.

J’ai appris ce qu’était la solitude, la vraie. Pas celle que l’on ressent lorsqu’on est triste au milieu de la foule. Non, celle qui vous ronge face a l’immensité du vide s’étendant à 360 degrés. Celle qui survient en plein désert, en pleine ascension, en luttant contre la chaleur, la soif et la fatigue. J’ai appris qu’elle était très difficile à combattre, mais qu’en l’acceptant on y prend goût, on l’adopte, et finalement, elle devient le bien le plus précieux : la liberté.

J’ai appris à être modeste. Non pas vis à vis des gens. Oh que non ! Je n’ai plus honte de dire ce que, dans mon enfance timide, je n’osais pas dire : ce que je réalise est assez exceptionnel. Ces distances, cette altitude, avec cette charge et cette vitesse, c’est quelque chose de rare. Je ne le nie plus. Mais j’ai appris la modestie vis à vis du monde, de la nature. Bien que j’ai appris à mieux la comprendre et lire ses intentions, je sais qu’elle sera toujours plus forte et imprévisible.

J’ai appris que mes échecs passés sont excusables, qu’ils ne sont pas entièrement de ma faute. J’ai appris à vivre seul, à m’accepter. Ce n’est qu’en s’acceptant soi même que l’on peut se réouvrir à d’autres. J’ai tellement manqué d’affection dans ma solitude que je saurai à l’avenir en recevoir et en donner, sans calculer. J’ai appris à tourner la page. J’ai appris à me connaître.

J’ai appris sur les routes du monde que j’aime ce que je fais et que je ne renoncerai jamais à la vie dont je rêve. J’ai appris à aimer. À donner. À reçevoir. Enfin, j’ai appris que la vie est belle. Qu’elle est courte et qu’il faut la vivre pleinement. J’ai appris l’optimisme et la joie de vivre.

Enfin, j’ai appris que faire l’expérience de la vie est inestimable. Que peu ont l’audace de se lancer dans ce qui leur tient à cœur. C’est un tort, car nombreux sont ceux qui, dans le fond, le souhaitent. Le monde serait encore plus beau si les humains étaient heureux, épanouis. Mais j’ai appris que, malgré toutes les provocations, malgré toutes les tentatives, il est vain d’essayer de changer les gens. Car il tient à chacun de se prendre en main. Car à la fin, ce sont nos choix qui nous définissent.

Et dis moi, toi, qu’as-tu appris ces derniers mois ?