« Been there, done that »

C’est avec la crainte de tomber dans ce cliché de tourisme que nous allons vers Antigua. Mais de toutes façons, nous étions déjà dans le cliché du tourisme vu le petit nom de ce que kris a attrapé : un belle tourista! Alors, allons y gaiement.

Arrivée à vélo à Antigua, soulagement pour Kris malade

Entourée de volcans, au fond d’une cuvette apportant un climat clément, Antigua est l’ancienne capitale du Guatemala. Les espagnols ont du arriver là, se dire « tiens, c’est joli » et ne se rendre compte que trop tard qu’il y avait des volcans…

Construite avec le faste du colonialisme, la ville est très réussie. De longues rues pavées, parsemées d’églises et placettes, découpent parfaitement les grandes « cuadras » de plein-pied où les façades en pierre de taille cachent d’immenses patios. Comme beaucoup de civilisations désuètes, ils ont bâtis de très belles ruines qui font de très belles après midi de promenade dans une ville protégée du brouahah assez prenant et omniprésent de l’arrière pays. Peu d’habits traditionnels dans les rues, à part les vendeuses de rue et au marché. L’argent repousse les communautés traditionnelles hors de la ville.

Cathédrale de San José depuis la Plaza Centrale d’Antigua
Une ruelle d’Antigua, et la jupe du volcan Agua en fond
L’Arco de Santa Catalina, de nuit. C’est beau mais c’est fichtrement touristique par ici!

Nous prenons la première auberge de jeunesse qui passe. Le lieu nous va parfaitement pour ce que nous devons y faire : rien. Hamacs, transats, petite piscine, jardin calme et ensoleillé. Dortoir propre et pas cher. Un de ces hostels taillés sur mesure pour les backpakers qui sillonnent le monde et que nous rencontrons systématiquement dans ces lieux. Leurs histoires sont toujours un peu les mêmes et toujours un peu différentes. Chacun sa façon de voyager, mais tout le monde voyage. Il y a quelque chose de banal dans l’extraordinaire de nos expériences. Nous ne faisons pas exception à cela, ce sont nos vélos attirent les questions.

Vue du jardin de l’hostel Tunik où on a passé pas mal de temps à rien faire… pour ce prix là et avec cette vue, on aurait tort de s’en priver !

En ville, les prix triplent, quadruplent. Normal après tout. Allez boire un café à Paris ou à Versailles et comparez le à un café pris à Maubeuge… Nous cherchons bien vite le marché où nous espérons trouver des prix plus raisonnables. Nous n’en découvrons d’abord qu’une partie : le marché est tentaculaire. Après 6 ou 7 incursions, nous en avons compris les grandes zones, mais chaque fois on s’y perd. Y retrouver un étale précis est impossible autant qu’inutile d’ailleurs, nous trouverons la même chose et peut-être plus dur un autre stand.

Nous avons un goût prononcé pour les marchés que l’on croise. Nous y lisons bien plus l’âme du pays que dans les cathédrales, les musées ou les boutiques de jade qui ont fait la fortune de la région (disons de quelques-uns dans la région mais ils disent « la région »).

L’autre intérêt que nous avions en venant ici est le volcan Acatenango. Il fait parti des volcans dit « jumelés » sur la faille de subduction qui les a fait naître. C’est à dire qu’il est en parti fusionné avec le volcan Fuego. La particularité de ces deux-là est que Fuego est en activité, Acatenango non. Ainsi, il est possible de gravir le second pour observer le premier. Faire l’inverse est peu recommandé. Fuego projette de pierres et la vue de près, par en dessous paraît décevante.

Nous entendons tonner régulièrement depuis Antigua et voyons des panaches de fumée monter au loin. Quel flegme de laisser s’envoler tant de panache et de rester toujours digne d’ailleurs.

Les agences du coin proposent à un prix presque raisonnable une excursion pour faire le lever ou le coucher du soleil au sommet. Incluant nourriture, veste, gants, bonnet, tente et un guide pour ne pas se perdre. Nous rigolons doucement, savourant enfin la récompense prochaine de nos efforts. Avoir emmené tant d’affaires chaudes qui ne représentaient jusqu’alors qu’un poids mort dans nos sacoches va enfin prendre tout son sens! A l’auberge, le message est unanime : les agences ont un équipement demauvaise qualité, comme issu des objets trouvés, et il y a des puces dans certains sacs de couchage…

Nous grimperons ce volcan par nos propres moyens et pour trouver le bon chemin, imaginez qu’il faut trouver un sentier utilisé par des dizaines de personnes aller et retour tous les jours depuis 10 ans… et même si c’est 5 ans vous avez compris l’idée. C’est immanquable.

Nous écrivons cet article avec des détails peu utiles pour l’histoire, mais utiles si quelqu’un veut se lancer sans guide aussi.

A l’arrière de notre premier pick up pour aller à Acatenango depuis Antigua

Nous sommes partis en stop à la mi-journée. Mieux vaut passer par Parramos avant de descendre vers Yepocapa car la route « directe » n’en est pas vraiment une. On a eu de la chance de voir passer un pick up en passant par la vallée de San Miguel. On s’est fait déposer à l’entrée du sentier que l’on a remonté un peu pour poser la tente dans les champs. Trouver un spot plus haut qui ne soit pas le campement référencé paraît hardu.

Lever du soleil depuis la tente au départ du trek d’Acatenango
Même au pied d’Acatenango la vue est chouette au petit matin

Nous sommes donc partis bien frais à 9h du mat. Le parc est payant. 50 Quetzals, on ne sait pas trop pourquoi, on a une idée de pour qui. Chacun son avis sur la question.

L’ascension comme prévue est évidente. Nous y croisons une petite fille, un énorme sac de bananes sur la tête, qui marche en souliers de ville. Elle nous dit qu’elle monte ça pour le campement et nous nous réjouissons de ne pas avoir à manger ces denrées montées à la sueur des enfants que nous croisons sur le chemin. Ok, il n’y a pas que des enfants qui portent, mais il y a aussi des enfants! Nous préférons être nos propres sherpas, c’est tout.

Vues de dingue tout le long du trek de montée d’Aactenango
Petits sherpas de nous même, on est quand même super légers et on aime bien
L’impression de marcher sur les nuages nous gagne bien vite

Vers 11h30 nous sommes au sommet! C’est raide mais c’est très rapide a faire en fait. Nous sommes accueillis pas une belle explosion du Fuego a quelques centaines de mètres. Le lieu est lunaire, nous sommes à 4000m d’altitude (3957 pour les pointillistes) et nous avons la journée devant nous. Nous pensions en avoir pour plus longtemps que ça. Avec nos 8L d’eau et de quoi faire 3 à 4 repas, nous nous installons à l’abri du vent, face au volcan, et profitons de la magie du lieu et du paysage.

On est accueilli par une méga éruption!

Nous sommes quasi seuls toute la journée, il fait beau et nous nous retrouvons en cours d’après midi au dessus d’une mer de nuages. Toutes les 5-10 minutes, une explosion vient faire le spectacle et nous sommes comme des enfants, espérant que celle ci soit encore plus grosse que la précédente. Chose qu’à posteriori, il ne faut pas trop espérer non plus car c’est tout à fait possible! Nous avons en tête l’éruption mortelle qui a secoué la vallée en juin 2018, faisant plus de 200 victimes. Deux jours après notre passage d’ailleurs, l’activité sismique menaçait d’arroser sans prévenir notre observatoire de cendres et de cailloux brûlants.

Laissez 2 enfants au sommet d’un volcan toute une journée…
Comme des gosses 🙂
On a même le temps de faire la sieste face au Fuego
On a quand même regardé ce volcan toute une journée!

Au couché du soleil, c’est l’apothéose. La lave que nous n’appercevions que noire jusqu’à présent devient rougeoyante, la mer de nuage prend les couleurs du soleil couchant, derrière nous, la pleine lune se lève sur un ciel dégagé (les nuages sont en dessous!!) Et une étoile filante vient couronner ce spectacle planétaire qui se donne à fond pour transformer nos nouilles chinoises en un restaurant 5 étoiles (en plus de celles qui s’allument dans le ciel). D’ordinaire, on se sent tout petit en regardant la nature, comme quand on regarde les étoiles depuis le sol. Là, nous avions la sensation d’être sur scène, à côté de ces forces titanesques. Isolés du reste du monde par une nappe de nuages, Minuscules privilégiés que nous sommes.

La poésie d’une nappe de nuage sur les lointains sommets des volcans dont Atitlan
On est gâté par une splendide coucher de soleil sur une mer infinie de nuages
Les éruptions nocturnes sont encore plus impressionnantes

Enmitouflés dans tous les vêtements que nous avons, nous plantons la tente au fond du cratère éteint, à côté d’un groupe dont le guide assure qu’il n’a jamais eu d’aussi belles conditions pour camper.

Nous nous endormons en rêvant au lever du soleil sur ce merveilleux spectacle.

A 4000m, le sommeil ne vient pas facilement. Nous rêvassons plus que nous ne dormons. A 3h30, la toile de tente vient nous toucher la tête. A 4h30, elle nous tapote la tête. A 5h, elle nous claque sur le visage et nous déclenchons une sortie d’urgence. Il fait nuit, le vent s’est vraiment levé, nous sommes dans le nuage et la température est proche de zéro… On a fait une grosse connerie! Devant l’engouement du groupe qui était là, on a oublié que ce n’est pas parce les gens qui ont tord sont nombreux que ça leur donne raison. Nous voilà dans la même merde qu’eux -en mieux équipés- et le petit refuge construit là haut il y a tout juste 1 an se retrouve rempli d’une quinzaine de couillons se demandant comment la nature peut changer si vite… Nous avons omis la base! Grâce à ce refuge la situation est stressante mais pas dangereuse. L’effet de groupe se fait néanmoins sentir et la panique n’est pas loin. Amélie repère le mec le plus calme du groupe et avec nos connaissances de la montagne, nous essayons de définir la moins mauvaise des options pour redescendre. C’est un peu sport, mais ça passe. Le pire c’est que, tout juste sortis de la zone d’accélération du vent, nous croisons un guide qui monte avec son groupe alors que la visibilité est de 5m et que le vent ne fait que forcir. Il fallait voir la tête des touristes! Ceci dit, la notre devait valoir le détour aussi.

Reveil difficile avec gros coups de vent qui font s’envoler les tentes

150m de dénivelé plus bas, à l’abri des arbres, nous marchons juste dans le brouillard. Terminé la situation d’urgence. On comprend mieux pourquoi le guide voulait finir son ascension. Si près du but, et au calme, n’importe qui se dit qu’il veut tenter le coup. On croisera beaucoup de gens voulant forcer un peu les choses et monter à tout prix. Au mieux, il ne verrons pas grand chose.

Le kiosque à tickets est fermé. Laisser nos noms sur la liste n’est absolument pas pour savoir combien il y aurait de personnes à secourir finalement. Le lieu est déserté.

Arrivés sur la route, 10 min d’attente et un chicken bus nous prend. Une connexion, cette fois à Parramos sur de la vraie route, et nous revoilà à Antigua avec bien des émotions. Merci à celle qui a financé ce petit refuge qui nous a sérieusement sauvé la mise. Et comme maître corbeau, on jure, même si c’est un peu tard, qu’on ne nous y prendra plus.

Les éruptions, bien que fortes, sont bien moins impressionnantes depuis la ville d’Antigua

Depuis la ville, tout est calme et nous continuons à regarder s’envoler innocemment les panaches de fumée. Une journée de récupération et nous allons traverser à vélo les contrées que nous avons vu de là haut…

Parés au départ pour Atitlan… Enfin c’est ce qu’on croyait!

3 thoughts on “Antigua et Acatenango, le calme… Et la tempête!”

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