Pas de départ en fanfare cette fois ci, nous avons choisi – ou du moins nous avons essayé- de partir sobrement.

Kris a fait cette analogie avec les bébés, le premier on a envie de le montrer au monde entier et puis le second, on l’expose moins, comme pour profiter de ces moments qui passent trop vite.

Pas sûr que ce soit vraiment le cas de ce second départ. Mais l’absence de date de retour et notre incertitude sur le lieu où nous reviendrons ont rendu les au-revoirs douloureux. Nous ne fuyons pas une vie qui nous déplait et nous avons la chance d’avoir passé des moments inoubliables à Lille avec nos amis proches et familles. Les dernières semaines ont été particulièrement riches en émotions. Quand le départ en bateau de La Rochelle s’est précisé, nous avons donc décidé de partir au plus tôt, discrètement. Amélie n’aurait même pas pleuré si une bande de copains avec la complicité de la soeur de Kris chez qui nous dormions n’avaient pas réussi à hijacker notre départ!

Nous sommes donc en route. Après plusieurs mois d’attente du bon créneau.

Fatigués par de nombreuses et chaleureuses veillées d’au-revoirs, nous avons parcourus péniblement 50km le premier jours. Mais le plus dur était fait : nous étions sur la route, et nous quittions le Nord!

Les gestes sont revenus très vite. Trouver de l’eau, repérer un coin pour bivouaquer, monter le campement et s’éffondrer a 21h.

Nous avançons vite. C’est assez relatif comme expression puisque, déjà, nous avancons a coups de pédales, et que bien des cyclistes trouvent nos étapes moyennes plutôt courtes. Nous sommes pressés de mettre des kilomètres au compteur et passer ce cap un peu dur où, seuls sur nos vélos, si proches de ce qui est encore chez nous, il serait facile de se demander ce que l’on fait là et pourquoi on se fait mal comme ça alors que le confort d’un foyer n’est pas si loin.

Voir du paysage défiler sous nos roues. Se sentir en mouvement. Découvrir du paysage en permanence. Il nous en faut peu pour afficher un grand sourire. Il gèle le matin? Et alors?

Déjà, les bruits de la cité nous paraissent un peu plus éloignés. Comme si pédaler nous aidait à nous détacher de toutes ces mauvaises nouvelles qui nous faisaient déprimer chaque fois un peu plus.

Parcourir la France peut paraître peu exotique et pourtant, pour les urbains que nous sommes, c’est très riche de passer d’un paysage industriel en bord de Seine au paysage bucolique de la suisse normande, d’un village ou il n’y a plus qu’un supermarché pour ravitailler à celui plein d’artisans et d’églises du XIVe.
Des zones de champs ouverts en culture extensive aux bords de mer pittoresques.

Il y a une constante dans tout ça. Kris a décidé qu’on trouverait l’eau chez l’habitant. Et partout, sans exception, sans deuxième essai, chaque fois que l’on toque à une porte nous avons reçu un bon accueil et reçu de l’eau donnée avec plaisir. (Sans compter les oeufs et les tomates du jardin qu’on n’a pas pu refuser!)

Nous n’en sommes qu’au début et déjà nous prenons grand plaisir à voyager. La France est vraiment riche en paysages et en spécialités culinaires. Nous avons retrouvé intact notre goût du voyage et sommes ravis de l’assouvir avec ce nouveau départ.

7 thoughts on “Le « grand » depart”

  1. Avant de prendre le large, vous pourrez toquer au 164. Il n’est pas sûr que l’eau vous y soit servie, mais du vin certainement.

  2. Merci à toi pour cette belle découverte! On va tâcher de faire honneur à la Team Tanches pour la suite du voyage 🙂

  3. On se souvient pas d’en avoir déjà-bu du vin au 164… Dans le doute, on a rempli nos gourdes dans le Calvados pour fêter ça dignement avec vous et les Bons 🙂

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